Cours des Relations Economiques Internationales Séances: 7 et 8 (date: 16 et 23
Cours des Relations Economiques Internationales Séances: 7 et 8 (date: 16 et 23 Mars 2020) Semestre 6 Filière: Economie et Gestion Professeur: TOUHAMI larbitouhami@yahoo.fr Chapitre – Les nouvelles théories de l’échange international Les explications fournies par les théories traditionnelles(théorie ricardienne et le modèle HOS) ne parviennent pas à expliquer certaines caractéristiques essentielles de la spécialisation internationale observée après la seconde guerre mondiale. La division internationale du travail, la spécialisation et l‘avantage comparatif ne s’expliquent pas seulement par les dotations factorielles. En d’autres termes, la théorie ricardienne et celle des dotations factorielles n’introduisent pas , explicitement, dans leurs hypothèses certains facteurs (ou phénomènes) qui jouent un rôle important dans l’orientation des spécialisations, comme le progrès technique, les économies d’échelles et la différentiations des produits. Les nouvelles théories de l’échange international introduisent certains de ces facteurs. - Quels sont leurs fondements? - Quelles sont leurs principales conclusions? I – L’approche néo-technologique: la technologie facteur de l’échange international Dans le modèle HOS, les pays utilisent la même technologie, puisque leurs fonctions de production sont identiques (modèle HOS où la technologie est identique dans toutes les nations, qui ne diffèrent que par leurs dotations factorielles). Or, en fait, il existe des écarts de technologie, créateurs d’avantages à l’exportation pour les pays innovateurs. L’approche néo-technologique tente d’expliquer les échanges internationaux en terme d’écarts technologiques : les pays en avance technologiquement possèdent un avantage comparatif dans la production de biens technologiques. 1°- L’écart technologique: M.V. Posner, en 1961, étudie les composants de l’écart technologique entre les pays comme déterminant des échanges internationaux. L’avantage technologique d’un pays et d’une industrie va permettre de découvrir de nouveaux processus de production, et de conférer alors un nouvel avantage comparatif au pays innovateur. Ce dernier bénéficie d’un monopole jusqu’à ce que les autres pays apprennent à fabriquer ces biens : entre temps, ils doivent importer ces nouveaux produits. Posner remarque que des pays à dotations factorielles proches, voire identiques, commerce néanmoins ensemble qui s’explique par l’innovation. Pour l’auteur, une innovation génère un cycle de développement de l‘échange international dont les initiateurs sont précisément les pays qui connaissent une avance technologique. Les pays qui réalisent plus d’innovation vont acquérir un avantage dans l’échange. Le pays en avance dispose de nouveaux produits que n’ont pas d’autres pays (même si ceux-ci sont de même développement). De cette avance va naitre un échange international. Avec POSNER « il y a une hiérarchie dans les spécialisations. Le pays innovant va tirer bénéfice de cette situation et va imiter un commerce lié essentiellement à l’écart technologique dont il bénéficie ». C’est un avantage lié à la capacité d’innover qui se matérialise dans un échange que POSNER qualifie d’échange lié à l’écart technologique. En outre, selon POSNER, « en créant des procédés et/ou des produits nouveaux, certains pays peuvent devenir exportateurs, indépendamment de leurs avantages de dotations ». L’avance technologique acquise dans un secteur confère un monopole d’exportation pour les produits du secteur. Un commerce d’écart technologique nait si le consommateurs des pays étrangers demandent les biens nouveaux, ce qui nécessite un certain délai (Demand lag). Il disparait progressivement lorsque les producteurs des pays étrangers s’engagent dans la fabrication des mêmes biens, ce qui demande aussi un certain temps (Imitation lag). Dès que la nouvelle technologie est connue à l’étranger, une concurrence potentielle existe. Dans le cas où l’imitation a lieu, les firmes étrangères commencent par servir leurs marchés domestiques, ce qui diminue, voire supprime, les flux d’exportations en provenance des pays innovateurs. Les entreprises étrangères peuvent devenir elles mêmes exportatrices des biens nouveaux. Dans cette situation, la concurrence se faisant par les coûts, donc par la rareté relative des facteurs (modèle HOS). 2° - La recherche – développement (concurrence internationale par l’innovation): « la R-D désigne l’ensemble des activités de recherche fondamentale et de recherche appliquée permettant de découvrir et de mettre au point des procédés et des produits nouveaux ». La thèse de l‘écart technologique met en lumière la R-D en tant qu’un phénomène essentiel dans la concurrence entre nations dans les branches de haute et de moyenne technologie. En effet, la compétition entre pays ne passe pas seulement par l’exploitation d’avantage naturels ni par l’utilisation de facteurs abondants, mais par l’innovation dont l’intensité dépend des contributions que la collectivité met en œuvre par le biais de la R-D. Dans les pays les plus développés, les efforts de R-D constituent un facteur essentiel de croissance et de compétitivité. La théorie de l’écart technologique incite à penser que les dépenses de R-D et le nombre de chercheurs jouent un rôle essentiel, voire déterminant, dans les performances à l’exportation d’un pays pour les produits nécessitant un gros investissement en technologie. 3° - La théorie du cycle du produit de R.VERNON (1966): la thèse du cycle du produit de VERNON prolonge la théorie de l’écart technologique en analysant les causes de l’innovation et les modalités de sa diffusion. Dans sa théorie du cycle de vie du produit Vernon montre que le commerce international s’explique par la dynamique du monopole d’innovation. Il met l’accent sur le nouveau produit lui-même et sur son cycle de vie. D’après l’auteur, tous les pays avancés ont accès aux connaissances scientifiques, mais la transformations de celles-ci en innovations nécessite la présence d’un marché vaste et riche, sur lequel il soit possible de lancer le produit nouveau. Dans les années 60, si le marché des Etats-Unis qui répond à ces caractéristiques, ce qui signifie que la grande partie des innovations apparaissent aux Etats-Unis (sur le marché américain). Dans le cycle de vie du produit, Vernon identifie quatre phases: • La phase d’émergence (l’innovation): le produit est intensif en technologie et en recherche-développement et la firme innovatrice, qui est la seule à le produire (monopole), l’introduit sur le marché. Les séries de fabrications sont limitées. Le prix est élevé. Le bien est essentiellement consommé par de riches consommateurs du pays innovateur (les Etats-Unis). • La phase de croissance: dans cette phase, la croissance du produit et sa production de masse nécessite une forte intensité en capital (investissement). La production intensive en capital se fait en grande série. Le prix de vente diminue. De nouveaux consommateurs achètent le produit, notamment dans les pays suiveurs (l’Europe et le Japon) et les ventes progressent. Des firmes imitatrices apparaissent dans le pays d’origine du monopole. Les Etats-Unis exportent le produit vers les autres pays industrialisés (le produit pénètre le marché européen). • La phase de maturité: cette phase caractérise un produit banalisé et intensif en main-d’œuvre (production intensive en travail faiblement qualifié). La consommation du bien devient courante. Les firmes se livrent à une concurrence par les prix. Le pays innovateur (les Etats- Unis) importe le produit en provenance des pays industrialisés suiveurs. • La phase de déclin (le produit devenu complètement banalisé): De nouveaux produits substituts apparaissent sur le marché. L’intensité en travail non qualifié s’accentue. Le marché se trouve en surcapacité. La production se déroule maintenant dans les pays en développement (PED) qui exportent ces produits vers les pays industrialisés. Au cycle de vie du produit correspond ainsi un cycle du commerce international: les produits en début de cycle seront exportés par les pays en avance technologique (pays industrialisés), et en fin de cycle les produits seront exportés par les abondants en travail peu qualifié(pays moins développés). Dans le cycle du produit, trois groupes de pays peuvent être considérés: le pays innovateur, les pays développés suiveurs et les pays en voie de développement. Le cycle de vie du produit d’après R.Vernon Ventes du produit Maturité Déclin Croissance Emergence temps Ce modèle met en évidence des avantages comparatifs dynamiques. Le pays qui a un avantage comparatif dans la fabrication d’un produit change : du pays industrialisé innovateur aux PED. La localisation de la production dépend de l’étape du cycle de vie dans laquelle se situe le produit. II – Echange international et économies d’échelle On parle d’économies d’échelle, lorsqu’une augmentation de l'ensemble des facteurs de production (capital et travail) entraîne une hausse plus que proportionnelle de la production. Une croissance de 10 % (du travail et du capital) entraîne une augmentation de plus de 10 % de la production. Ce phénomène a été exclu des approches traditionnelles qui raisonnent en concurrence pure et parfaite. « Il y a économies d’échelles dans une branche ou une firme si l’accroissement du volume des facteurs utilisés engendre une augmentation plus élevée, en pourcentage, de la production ». Les économies d’échelle (ou rendements croissants) exprime une réduction du coût moyen du produit lorsque la quantité fabriquée augmente. Les firmes les plus efficaces dans un type de production ont donc intérêt à accroitre leur volume de production pour réduire leur coût. Elles se trouvent alors plus compétitives et peuvent exporter leur production. La présence d’économies d’échelle dans le processus productif des branches et/ou des firmes influence les conditions de la spécialisation et peuvent être source d ’existence du commerce international (de gain à l’échange). Il existe deux formes d’économies d’échelle: • Les économies d’échelle internes: dépendent des quantités de facteurs utilisés par les firmes. uploads/Geographie/ touhami-diapo-relations-economiques-internationales-cours-2020-pdf.pdf
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- Publié le Jui 20, 2022
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