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Digitized by the Internet Archive in 2010 with funding from University of Ottawa http://www.archive.org/details/bibliothquedel131ecol BIBLIOTHÈQUE DE L ECOLE DES HAUTES ÉTUDES PUBLIKK SOUS I.KS AUSI'IGIOS DU MINISTEKK DE LINSTHUGTION PUDLlOUE SCIENCES PHILOLOGIQUES ET HISTORIQUES CENT-TRENTE ET UNIÈME FASCICULE LE KOVAUMK DE ."UOVENCE SOIS LES C.MIOLLNOIEN^ PAR RENÉ POUPARDIN <* PAIUS LUiHAIFUI-: L.MIF.K iU)i:iLl>UN, EDirKIH 67, liU K l»K i; ICII KM KC, AT l' ilK M IKII UUl Tons ilroits réserva». AS Case. \3\ LE ROYALME DE PROVENCE sous LES CAROLINCîIENS (800-983?) LE ROYAUME DE PROVENCE sous LES CAROLINGIENS 855-933? René POUPARDIN ARCHIVISTE-PALÉOGRAPHE ÉLKVE DIPLÔMÉ DE l'ÉCOLE DES HALTES-ÉTUDES PARIS li 1 1 A I n 1 1-: K MIL 1 : h ( ) i ' i l l o x , i : dit e l' n G7, iti'K im: liicii r, i.iK.r. Al' ri'.i'.Miii; Tiius droits réseï vés. Sur l'avis de M. Arthur Giry, directeur adjoint des conférences d'histoire, et de MM. G. Monod et Ferdinand Lot, commissaires responsables, le présent mémoire a valu à M. René Poupardin le titre dCElève diplômé de la section d'histoire et de pJïUolof/ie de VÉcole pratique des Hautes Etudes. Le directeur de la Conférence, Signé: A. Giry. Paris, le 5 novembre 1899. Le Président de la Section, Signé : G. Monod. Les Commissaires responsables, Signé : G. Moxod, Ferd. Lot. Â LA iMÉMOlKK DK MON MAITRE M. AuTHUH GIRY INTUODUCTION On a écrit l'histoire du royaume d'Arles au temps où le gou- vernaient les souverains germaniques et leurs représentants'. On n'a pas encore étudié d'une manière suffisante l'histoire des origines de ce royaume, c'est-à-dire l'histoire des deux États qui l'ont composé, celui que fonda Boson en 879, et celui qui se constitua en 888 sous l'autorité de Rodolphe P'"'. L'ohjet du présent travail est de tenter de combler en partie cette lacune, en donnant une histoire aussi complète que nous avons pu la faire, du premier de ces deux royaumes. Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire, pour une étude de ce genre, do remonter jusqu'à l'époque mérovingienne. Nous rappellerons seulement que Lyon et Vienne, après avoir fait partie du royaume des Burgondes, furent rattachés aux pays occupés par le « roi de Bourgogne », en môme temps que la plus grande partie du Dauphiné actuel, et les cités d'Arles et de Toulon. Au contraire, une mince bande de territoires, avec Avignon, Aix, Cavaillon, Fréjus était unie à l'Auvergne austrasienne '. La Provence forme déjà jusqu'à un certain 1. P. FoiJRNiER, Le roi/aiime dWrU-s d rie Vienne. Paris. 1890. in-8. 2 Pour ce dernier, "il faut cependant sisinaler la dissertation de Trog sur Rodolphe 1 et Rodolphe II, où l'on trouve un examen con- sciencieux de tous ou presque tous les textes relatifs a ces deux souverains, mais un travail d'ensemble sur le royaume Uodolphien reste <i fîiire. 3. C'est de cette division que vient la distinction faite entre la Pro- vincia {relaleiixi/^. dont le territoire ne parait pas avoir été beaucoup plus étendu que celui de la cité d'Arles, et la Provi)icia Massilicmis. qui correspond à ta portion d(> la Provence soumise à Sigebert 1 d'Aus- trasie (Lononon, (k-ographie de In (iaule au V7« siècle, p. PJl). f'oupAKiiiN. lioyaume de Provence. « X INTRODUCTION point une unité, une circonscription géographique et même administrative assez étendue ayant à sa tête un patrice' ou un recteur-. Mais la réunion sous l'autorité d'un souverain particulier et indépendant de Vienne, de Lyon et d'Arles", est un fait qui ne se produit qu'en 855 à l'avènement de Charles de Provence. L'histoire du court règne de ce dernier forme donc le préliminaire presque obligé de celle des règnes de Boson et de Louis l'Aveugle. D'autre part, Boson, commue un autre fondateur de dynastie, son contemporain, Eudes de France, a joué un rôle important dès avant son avènement. S'il s'est fait à Mantaille proclamer roi de Provence, c'est qu'il était en réalité dès une époque antérieure maître de ce pays. Il est donc nécessaire de parler de Boson, comte, avant de parler de son règne. Louis l'Aveugle et Hugues d'Arles ont été en outre rois d'Italie. Il a donc fallu esquisser brièvement l'histoire de leurs expéditions dans ce pays. Une histoire de ce genre se rattacherait surtout à une étude d'en- semble sur les événements dont l'Italie du nord fut le théâtre depuis la mort de l'empereur Louis II. Nous n'avons pu songer ici <à entreprendre cette étude, grâce à laquelle on pourrait arriver à se rendre compte d'une manière plus complète du rôle joué, non pas précisément par Louis ou par Hugues, mais par les principaux seigneurs italiens. C'est donc surtout dans la mesure où ils pouvaient intéresser l'histoire dos souverains de la Provence que nous avons exposé ces événements. Ce qui fait la principale difficulté de l'étude de cette his- toire, c'est la désespérante pauvreté des sources. Les chartes sont loin d'être abondantes. Elles font absolument défaut pour la province ecclésiastique d'Embrun, et sont très rares pour 1. Grégoire de Tours, Ilisl. des Francs. 1. IV, c. 17 et c. 29 men- tionne trois patrices, Celsus, Agrigota et Auratus, qui semblent bien s'rtre succédé en Provence, mais sans leur donner expressément le titre de « patricius Provinciae «. 2. fiREdoiiii-; DK ToLMs, op. cit., 1. IV, c. -'i3 : « Renioto ab honore " Jovino rectore Pi'ovinciae... » Comme il ne s'agit que des états de Sig(>- hei't, il est possible que le sens du mot Provincia doive être restreint dans ce passage à la seule l'ravùicid Massilifnsis. '.i. Ces villes sont souvent réunies simultanément à un même royaume pendant les jjartages de remjiire franc, en 7G8 à celui de Carloman, en 806 à celui <le Louis d'Aquitaine, le futur Louis le Pieux, en 839 à celui du jeuiK! Charles le Cliauve, en 843 à celui de Lothaire, mais elles ne forment jamais, ])ar leur l'éuiiiou, avant 855, un groupe dis- tinct. INTRODUCTION XI la province d'Arles, durant la période qui correspond à celle des invasions sarrasines. Cependant les textes diplomatiques constituent la source principale, sinon unique, de nos rensei- gnements. Les sources narratives en effet n'existent pour ainsi dire pas en ce qui touche Tliistoire même du royaume de Provence. On peut juger de cette pauvreté par un détail : entre les deux dates de 905 et de 931, pas un annaliste, pas un chroniqueur, n'a l'occasion de placer dans son récit le nom de l'empereur Louis l'Aveugle. « Heureux, dit l'un des récents « historiens des Carolingiens du Nord, ceux qui étudient « une époque plus favorisée et qui trouvent, dans des œuvres « contemporaines d'une réelle valeur, des détails qui leur « permettent de suivre pas à pas leur héros' ». Nous dirons à notre tour : heureux ceux qui ont à leur disposition des œuvres telles que la Chronique de Réginon et les Annales de Saint- Vaasf, ou même des annales plus sèches encore, car rien n'est plus incertain en même temps que plus aride qu'une histoire faite avec des chartes et dans laquelle des discussions doivent trop souvent remplacer le récit. Malgré cette pénurie de documents, on a, à plus d'une reprise, tenté d'écrire l'histoire du royaume fondé par Boson. Honoré Bouche lui consacre de nombreuses pages de son Histoire (jénéra/e de Provence, et, bien que cet érudit ait tota- lement manqué de critique, qu'il n'ait eu qu'une connaissamce forcément incomplète des documents, c'est lui cependant qui représente pour ainsi dire l'état de la science sur ce point au xvif siècle et au xviii" siècle". VHistoire de Provence, de Papon, donne un récit plus sur, mais moins complet, et ce sont les deux volumes de Bouche qui restèrent jusqu'au milieu de notre siècle l'ouvrage fondamental sur la matière. En 1851 et 1853 l'érudit suisse Gingins-la-Sarra a consacré à ï Histoire desroi/aumes de Provence et de Bourgogne-Jurane deux volumes, qui constituent le travail le plus complet sur t. Favre, Eudes, comte de Paris et roi de France, introd., p. xi. 2. Nous ne parlons pas des ouvrages de G. de Nostre-Dame. de d'Elbène, de Bouis, (jui figurent cependant dans notre bibliographie et ([ue nous citons (luehjiiefois, parce que c'est d'eux que semblent vfMiir un certain nombre d'affirmations téméraires ou erronées, repro- duites li'op siiuvent à la suite de Bouche par des historiens plus mo- dernes. — Il faut également faire, à coté de Bouche, une place à part à Chorier, dont Vlfisloin; de Dauphiné a souvent été citée et utilisée. XII l.NTUOblCTli» la question, rouvrage en quelque sorte classique que citent couramment les historiens modernes. Les Bosonides et les Hugonides sont le fruit de recherches assez étendues, et les conclusions de Gingins se trouvent être, sur beaucoup de points, les mêmes que celles du présent mémoire. Mais son ouvrage a des défauts assez graves pour qu'un nouvel examen de la question demeure indispensable. Tout d'abord l'auteur fait preuve d'un manque absolu de critique ; de là sa prédi- lection particulière pour les chroniques sans valeur comme les Annales Metteuses, dont il oppose volontiers l'autorité à celle des Annales de Saint- Bertin, uploads/Histoire/ bibliothquedel-131-ecol.pdf

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  • Publié le Jan 25, 2022
  • Catégorie History / Histoire
  • Langue French
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