3-0187-CT-WT-04-19 CNED Culture Générale et Expression – BTS 2e année 1 CULTURE
3-0187-CT-WT-04-19 CNED Culture Générale et Expression – BTS 2e année 1 CULTURE GÉNÉRALE ET EXPRESSION Corrigé-type 4 Sujet Première partie (40 points) Vous rédigerez une synthèse concise, objective et ordonnée des documents suivants. Deuxième partie (20 points) La marche à pied permet-elle vraiment la découverte de soi ? Vous répondrez à cette question de façon argumentée, en vous appuyant sur les documents du corpus, vos lectures de l’année et vos connaissances personnelles. Supports utilisés Document 1 : « Le sens de la marche », Héloïse Lhérété, Sciences Humaines, août-septembre 2012 Document 2 : « Éloge de la Lenteur », David Le Breton, Libération, 1er juin 2014. Tribune Document 3 : « Voyager à pied », Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, livre IV, 1782 Document 4 : « Randonnée sur l’échappée Jurassienne », Stéphane GODIN, Jura-tourisme.com Ce devoir 4, à réaliser après l’étude du module sur le thème « À toute vitesse », avait pour but de vérifier les capacités à analyser plusieurs documents différents, à les confronter et à en faire une synthèse qui réponde aux normes exigées pour cet exercice. Il s’agissait aussi d’évaluer l’aptitude à argumenter sur la base d’une problématique imposée dans un développement personnel, tout en en respectant les diverses techniques. 3-0187-CT-WT-04-19 CNED Culture Générale et Expression – BTS 2e année 2 Première partie : préparation de la synthèse de documents 40 points Remarques sur le corpus Le corpus est constitué de quatre documents, conformément aux épreuves de BTS lors des examens : les deux textes argumentatifs initiaux offrent une trame précieuse pour la construction du devoir. Il conviendra donc de s’appuyer sur leur analyse pour dégager les axes importants de la synthèse et la bâtir ensuite de façon efficace. Il sera utile de déterminer la spécificité de chaque auteur sur la question abordée, tout en notant les points de ressemblance. Le troisième document est un extrait littéraire, de la fin du XVIIIe siècle, et, comme toute œuvre artistique, il se lira avec l’éclairage préa lable des documents fondamentaux qui seuls permettent de dégager une problématique pertinente pour le dossier. Enfin, le dernier document est une photographie qu’il s’agira aussi de confronter avec les axes que les documents pivots auront permis de dégager. 1.1. Analyse du corpus 10 pts Nous allons donc ici procéder par des analyses détaillées et successives des documents du corpus. Cela peut donner le résultat suivant. 1.1.1. Analyse du document 1 Ce premier document du corpus est extrait d’un article paru dans une revue mensuelle Sciences Humaines, en 2012. Il s’agit d’un texte argumentatif qui s’interroge sur le sens de la marche au jourd’hui. Le texte est particulièrement bien construit et il est tout à fait possible de s’appuyer sur sa structure pour en faire une analyse détaillée. Au brouillon, vous avez dû noter les éléments suivants : genre = article, source = Sciences Humaines (revue ou magazine), date = 2012 auteur = Héloïse Lhérété Une première lecture soignée de l’article a dû vous conduire à dégager le propos directeur suivant (ou un autre bien sûr approchant) : Héloïse Lhérété s’interroge sur le sens que revêt la marche à pied aujourd’hui et les vertus qu’elle possède dans un monde marqué par la vitesse. Paragraphes 1 et 2 (de « La marche recèle » à « nos vies hypermodernes ») Les deux premiers paragraphes constituent une seule et même partie qui envisage les avantages de la marche à pied. Notons au passage la construction rigoureuse du texte. En effet, la première phrase de chacun des paragraphes annonce clairement la démarche de l’auteur : recherche des « vertus » et des « qualités » de la marche qui font de cette activité l’une des plus en phase avec notre temps. Les qualités sont alors répertoriées par l’auteur avec une symétrie de construction tout à fait remarquable : énoncé de la vertu, explication puis illustration. La marche est ainsi tout d’abord intéressante d’un point de vue financier car elle ne coûte rien, ce qui est fort appréciable en temps de crise. Elle s’avère en outre particulièrement efficace pour lutter contre la pollution puisqu’elle n’émet presque aucun CO2. Enfin, conséquence des deux précédents avantages, la marche est conforme aux exigences croissantes d’un tourisme plus moral qui cherche à concilier respect de l’environnement, des populations et de la santé. Car, autre avantage notable, la marche à pied promeut la santé de l’individu, incitant chacun à se bouger selon ses possibilités. Ces trois qualités semblent insuffisantes cependant pour expliquer un tel engouement. Une autre explication, plus intime et plus secrète, vient éclairer ce phénomène : la satisfaction personnelle que l’on éprouve à dépasser sa « fatigue », son « essoufflement », ses « douleurs ». L ’auteur s’appuie alors sur des références littéraires qui offrent des témoignages conformes à ses propres affirmations, Lacarrière, Tesson, de Romilly ou encore Sansot, tous écrivains voyageurs. Ces auteurs mettent en avant les autres bienfaits de la marche à pied, à savoir le plaisir sensoriel qu’elle procure et les rencontres qu’elle occasionne. Dès lors, on comprend mieux que l’intérêt de la destination s’efface 3-0187-CT-WT-04-19 CNED Culture Générale et Expression – BTS 2e année 3 au profit du parcours lui-même, dont la richesse subjugue. L ’auteur traduit cette impression avec une accumulation de pluriels particulièrement significative de la multitude de bienfaits dont cette tendance actuelle est porteuse : panoramas, bruits, saveurs, odeurs, visages. Tous les sens du mar cheur sont ici en éveil, de l’ouïe à l’odorat ! La marche permet une rencontre inouïe avec la nature elle-même, qu’elle nous invite à re-découvrir avec un œil nouveau. La marche est ainsi présentée en lien avec la vraie vie, celle dont nos pratiques quotidiennes aliénantes nous ont éloignés. Paragraphes 3, 4 et 5 (de « Offrant un autre » à « connexion permanente ») Les trois paragraphes suivants abordent une même thématique : la marche introduit un nouveau rapport au « temps ». Si le rapport avec l’espace est assez immédiat, le rapport au temps qu’introduit la marche semble plus complexe. Cette tendance n’est pas nouvelle car l’être humain est, depuis ses origines, poussé à toujours se déplacer, d’où l’expression utilisée dans le texte, homo viator, littéralement l’homme qui se déplace. Tout le paragraphe 3 contient le champ lexical du temps : temps, rythme, lenteur, perpétuelle, depuis… C’est la décélération qui est ici mise à l’honneur, avec des adjectifs mélioratifs : calme, régulier. Autre argument avancé comme une boutade, mais toujours en corrélation avec la thématique temporelle, celui de l’allongement de la « durée de vie », puisque la marche étirerait le temps ou, du moins, la perception que nous en avons. Cette idée est appuyée par une citation qui oppose la « respiration » apportée par la lenteur, à la saturation que procure la vitesse. Ainsi, la lenteur se trouve valorisée face à la vitesse. L’auteur évoque enfin les différents types de marches dans une énumération quasi exhaustive (pro menade, randonnée, pèlerinage, trek, flânerie) et leur point commun : la déconnexion qu’ils offrent à celui qui s’y adonne. La marche se présente donc comme une rupture avec l’agitation ambiante, avec les codes d’une société fondée sur la réactivité et la connexion permanente. Paragraphes 6 et 7 (de « En s’immisçant » à la fin du texte) Les différentes formes de déconnexion sont ensuite évoquées, dans un paragraphe fortement structuré avec des connecteurs logiques explicites : d’abord, ensuite. Deux types de déconnexion sont identifiés. La rupture est matérielle, puisque sont écartés tous les outils habituels de nos acti vités quotidiennes, grâce au champ lexical dominant : ordinateur, téléphone portable, réseau, écran d’ordinateur. Les verbes utilisés sont particulièrement explicites et renvoient tous à la notion de rupture : éteint, débranche, ne capte plus, quitte, barré par l’écran d’ordinateur. La marche apparaît dès lors comme une possible libération, d’autant qu’elle permet une autre forme de déconnexion, qualifiée de « spirituelle », dans le sens où elle libère l’esprit. Toutes les images du texte convergent vers cette impression d’élargissement, cette possibilité de « voir plus loin ». Elle offre même une « parenthèse » dans la succession des « fatigues anciennes », « malaises de la vie quotidienne » et « soucis personnels et professionnels ». Et le témoignage de P. Sansot, philosophe et marcheur, vient apporter le contrepoint sensuel nécessaire. Il se présente comme une invitation à renouer avec les plaisirs simples de la nature : le soleil, l’inclinaison du sol, odeurs, contact tactile, prendre le large. Enfin, le dernier paragraphe va encore plus loin. La marche est, en fin de compte présentée comme une « subversion » dans un monde où tout va très vite. Autrement dit, elle est une forme de résistance aux tendances de la société, une façon de contester et de remettre en cause ce développement de la vitesse généralisée. En ce sens, la marche est bien une attitude philosophique, un choix de vie, et s’oppose à l’immense majorité des individus du monde moderne. 1.1.2. Analyse du document 2 Le second document du corpus est encore un texte d’idées, à forte composante uploads/Litterature/ corrige-devoir-4.pdf
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- Publié le Fev 04, 2022
- Catégorie Literature / Litté...
- Langue French
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