Studia Artistarum Études sur la Faculté des arts dans les Universités médiévale
Studia Artistarum Études sur la Faculté des arts dans les Universités médiévales 39 Nicole Oresme philosophe Philosophie de la nature et philosophie de la connaissance à Paris au XIVe siècle Studia Artistarum Études sur la Faculté des arts dans les Universités médiévales Sous la direction de Olga Weijers Louis Holtz (Societas Artistarum) (Institut de Recherche et d’Histoire des Textes) Paris CNRS – Paris Secrétaire de rédaction Dragos Calma (Paris – Cluj-Napoca) Comité de rédaction Luca Bianchi (Vercelli) Henk Braakhuis (Nimègue) Charles Burnett (London) Anne Grondeux (Paris) Dominique Poirel (Paris) Jean-Pierre Rothschild (Paris) Cecilia Trifogli (Oxford) Studia Artistarum Études sur la Faculté des arts dans les Universités médiévales 39 Nicole Oresme philosophe Philosophie de la nature et philosophie de la connaissance à Paris au XIVe siècle édité par Jean Celeyrette et Christophe Grellard F © 2014, FHG n.v., Turnhout, Belgium. All rights reserved. No part of this publication may be reproduced, stored in a retrieval system, or transmitted, in any form or by any means, electronic, mechanical, photocopying, recording, or otherwise without the prior permission of the publisher. D/2014/0095/181 978-2-503-55413-6 Printed acid-free paper. Mise en page Paul Brînzei Contents Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 Jean Celeyrette et Christophe Grellard, Introduction . . . 11 Max Lejbowicz, Nicole Oresme « spectateur engagé » . . . . 21 Jean Celeyrette, Les Questions sur la Physique dans l’œuvre de Nicole Oresme . . . . . . . . . . . . . 63 Stefan Kirschner, Oresme’s Theory of Motion . . . . . . 83 Edmond Mazet, Richard Swineshead et Nicole Oresme : deux styles mathématiques . . . . . . . . . . . . . 105 Stefano Caroti, Walter Burley et Nicole Oresme . . . . . . 139 Laurent Cesalli, Ontologie « nominale » et « adverbiale » chez Nicole Oresme . . . . . . . . . . . . . 163 Joël Biard, Quelques problèmes de théorie de la connaissance dans les Questions sur la Physique de Nicole Oresme . . . 185 Christophe Grellard, La théorie de la croyance de Nicole Oresme 203 Sophie Serra, Imagination et phantasia dans les Quaestiones in Aristotelis De anima de Nicole Oresme . . . . . . . 225 Béatrice Delaurenti, Contre la magie démoniaque et les incantations : Les questions 43 et 44 des Quodlibeta . . . 251 BIBLIOGRAPHIE . . . . . . . . . . . . . . 299 INDEX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 323 INDEX DES MANUSCRITS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 325 INDEX NOMINUM (avant 1500) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 327 INDEX NOMINUM (après 1500) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 329 INDEX RERUM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 335 Préface Nicole Oresme est sans doute un des philosophes médiévaux les mieux connus. L’intérêt qu’il a suscité depuis longtemps dépasse le cercle étroit des spécialistes du fait de l’exceptionnelle variété de son oeuvre, aujourd’hui presque complètement éditée. Cet intérêt a largement contribué à modifier l’image du Moyen Âge conçu traditionnellement comme une période obscure, mais a aussi, malheureusement, conduit à la production d’un nombre considérable de contre-sens, voire de fables. Max Lejbowicz en cite quelques-uns au début de sa contribution, dans le présent volume, mais il est loin d’être exhaustif. Et, comme il le dit lui-même, nombre d’entre eux ont encore cours aujourd’hui. C’est à l’occasion de la parution de son dernier texte important encore inédit, ses Questions sur la Physique1 qu’à l’initiative de Christophe Grellard, nous avons organisé à la Sorbonne les 16 et 17 novembre 2012 deux journées d’études sur son activité philosophique, qui ont pu bénéficier des dernières avancées de la critique. Ce livre est issu des communications produites à cette occasion, mais, à la lumière des discussions qui ont suivi elles ont été modifiées, puis révisées pour assurer la cohérence de l’ensemble. L’objectif était de réaliser un ouvrage qui ferait le point sur nos connaissances de l’oeuvre d’Oresme en philosophie de la nature et en philosophie de la connaissance, et sur les débats dans lesquelles elle s’inscrivait. Nous souhaitons, bien entendu, remercier les institutions dont l’aide a permis l’organisation de ces journées, l’Institut Universitaire de France, l’UMR SPHère (CNRS-Paris I, Paris VII) et l’UMR Savoirs, Textes, Langage (CNRS-Université de Lille), ainsi que les directeurs de la collection Studia artistarum et son comité de rédaction qui ont bien voulu accueillir l’ouvrage. Mais nous voudrions davantage encore remercier les contributeurs qui ont 1. Nicole Oresme, Questiones super Physicam (Books I-VII), ed. by S. Caroti, J. Celeyrette, S. Kirschner, E. Mazet, Leiden / Boston, Brill, 2013. 10 JEAN CELEYRETTE et CHRISTOPHE GRELLARD accepté de bonne grâce de se soumettre à la critique de leurs collègues et de modifier leurs contributions, parfois à plusieurs reprises, à la demande des éditeurs. Introduction Jean Celeyrette et Christophe Grellard 1. Repères bio-bibliographiques Même si le fait que Nicole Oresme soit né dans le village d’Allemaigne, à proximité de Caen, n’est pas absolument certain, il est hors de doute qu’il est d’origine normande. Il a fait ses études dans la nation normande de la Faculté des arts de Paris puisqu’il figure dans le rôle de cette nation dans deux suppliques envoyées au pape Clément VI, une en 1342, l’autre en 1349, et il y est à chaque fois qualifié de maître ès arts1. Comme dans le rôle de 1342 il est indiqué qu’il n’a aucun bénéfice, sa maîtrise était probablement récente. D’ailleurs, il ne figure pas dans le rôle précédent celui de 1337. A partir de 1342 donc, Oresme enseigne à la Faculté des arts et c’est de cet enseignement que sont issus ses commentaires aristotéliciens : Questions sur les Météorologiques, Questions sur la Physique, Questions sur le De celo, Questions sur le De generatione, Questions sur le De anima et probablement les Questions sur la Géométrie d’Euclide (voir, ci-dessous, la contribution de Jean Celeyrette pour une tentative de chronologie relative de ces commentaires). Dans le même temps il est étudiant en théologie puisqu’il est admis à ce titre comme boursier au collège de Navarre en 13482. En 1356, il en est nommé gouverneur, et donc est alors maître en théologie sans toutefois être régent. Là encore sa maîtrise est récente si on en juge par la durée des études en théologie. En 1361, au terme d’un procès, il doit abandonner sa fonction de gouverneur peu de temps avant d’être nommé chanoine au chapitre de Rouen en 1362, puis doyen 1. W. J. Courtenay, Rotuli parisienses. Supplications to the Pope from the University of Paris, vol. I, 1316-1349, Leiden / Boston / Koln, Brill, 2002, p. 148, 346 et Id., « The Early Career of Nicole Oresme », Isis, 91 (2000), p. 542-548. 2. N. Gorochov, Le collège de Navarre de sa fondation (1305) au début du XVe siècle (1418), Paris, Honoré Champion, 1997, p. 680-681. 12 JEAN CELEYRETTE et CHRISTOPHE GRELLARD de ce même chapitre en 1364 ou 1365. Il semble que ce soit surtout pendant sa période navarraise comme étudiant en théologie, puis comme gouverneur, qu’il a écrit la plupart de ses traités mathématiques. Même si aucun n’est précisément daté, un certain nombre de références internes fournissent quelques renseignements. Le premier d’entre eux sur lequel on possède une indication est l’Algorismus proportionum qui est dédié à Philippe de Vitry qualifié de Meaux (Meldensis), or Philippe de Vitry a été évêque de Meaux de 1351 à 1361, ce qui nous donne deux termes pour ce traité. Comme le grand texte sur les configurations, le Tractatus de configurationibus qualitatum et motuum, cite à plusieurs reprises l’Algorismus proportionum il est aussi postérieur à 1351. Mais le traité mathématique auquel Oresme se réfère le plus nettement dans ses autres œuvres est le De proportionibus proportionum, cité par son titre dans le De commensurabilitate et incommensurabilitate motuum celi et dans les Questiones super De spera. C’est d’ailleurs ce qui amène Edward Grant à considérer que, du fait de l’absence de référence au De proportionibus dans un raisonnement du De configurationibus qualitatum, là où, semble-t-il, une telle référence s’imposerait, le De configurationibus est antérieur3. Mais on connaît la fragilité des raisonnements in absentia. Pour parvenir à une chronologie même imparfaite il faudrait pouvoir situer le De proportionibus proportionum par rapport à l’ uploads/Philosophie/ celeyrette-grellard-nicole-oresme-philosophe-la-nature-et-connaissance-paris-au-xiv-pdf.pdf
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- Publié le Mai 14, 2021
- Catégorie Philosophy / Philo...
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