Association Française de Thérapie Comportementale et Cognitive Emotions - Relax
Association Française de Thérapie Comportementale et Cognitive Emotions - Relaxation Jacques VAN RILLAER Professeur émérite de psychologie Université de Louvain-la-Neuve (Belgique) Le comportement et ses variables Les émotions normales et dysfonctionnelles La relaxation : quelques étapes de l’évolution des techniques Brochure d'information sur la relaxation pour le patient/client Texte verbatim de deux types de relaxation Relaxation basée sur la respiration Questions pratiques sur la relaxation Pleine conscience (Mindfulness) 2016 Site Web Documents en rapport avec les cours de Jacques Van Rillaer http://www.icampus.ucl.ac.be/claroline/course/index.php?cid=EDPH2277 Il suffit de taper dans Google ou Yahoo : EDPH2277 Bibliographies et sites Problèmes psychologiques — TCC — Gestion de soi Documents de psychologie générale Définition du “comportement” ; lois de l’apprentissage ; lois de la mémorisation ; théorie de l’attribution causale ; utilité et leurres de la connaissance de soi ; faux souvenirs ; les 100 psychologues les plus cités durant le XXe siècle ; biographie de Skinner ; conditionnement subliminal, etc. Psychopathologie Les principales catégories psychopathologiques Les problèmes liés à la catégorisation psychiatrique et au manque de fiabilité des diagnostics L’histoire de la folie, etc. Documents sur les thérapies cognitivo-comportementales Analyse du comportement, principes de la modification de comportements Brochures destinées aux patients / clients (notamment pour la relaxation en TCC) Articles pour le grand public, les étudiants et les thérapeutes Traitement des addictions, autisme, colères, angoisses, problèmes de couple, dépression, obsessions, phobies, etc. Réponses aux critiques traditionnelles des TCC : la “substitution de symptômes”, le contrôle social, etc. Documents sur l’épistémologie, l’esprit critique, des théories réfutées ou mal confirmées Le critère de réfutabilité, la vérification des sources, l’intérêt des statistiques, etc. Graphologie, “Thérapie de la Mémoire retrouvée”, archétypes jungiens, tests projectifs, etc. Documents sur la psychanalyse Les notions de base de la psychanalyse : résistance, transfert, complexe d’Œdipe … L’histoire de la psychanalyse, des archives et des mensonges freudiens Les problèmes épistémologiques, les conflits avec la psychologie scientifique Le lacanisme : la pratique de Lacan, textes et commentaires Témoignages de déconvertis du freudisme et du lacanisme Analyse des affirmations concernant Le livre noir de la psychanalyse (2005) Le comportement et ses variables Mémoire événementielle Mémoire sémantique ⇓ Situation => Cognitions => Affects => Actions => Conséquences (Emotions) ⇑ ⇑ ⇑ Structures État Répertoire & processus physiologique comportemental cognitifs ⇑ Degré d'activation neurovégétative ⇑ Respiration Tonus musculaire Substances psychoactives Les émotions 1. Définition Les mots “émotion” et “affect” sont parfois utilisés comme synonymes. Nous préférons distinguer. Affects = les divers sentiments, agréables ou pénibles, éprouvés tout au long de l'existence : bonne humeur, irritation, ennui, indifférence, inquiétude, envie ... A tout moment, nos pensées et nos actions sont accompagnées de tonalités affectives. Emotions = affects relativement intenses, accompagnés d'une activation sensible du système nerveux végétatif et hormonal. Les événements importants, surtout si on ne s’y attendait pas, provoquent des émotions. 2. Fonction Des affects apparaissent aussi bien chez les animaux que chez les humains. Ce fait nous invite à adopter le point de vue évolutionniste : ces processus sont devenus ce qu'ils sont aujourd'hui parce qu'ils ont favorisé, globalement, l'adaptation et la survie de l'espèce. De façon générale, les sensations de plaisir et de souffrance, éprouvées ou anticipées, provoquent des cognitions et incitent à l'action (approche, contact, lutte, évitement, etc.). Les affects, tant agréables que pénibles, ont une fonction de motivation : ils incitent à adopter certains types de comportements. La surprise mobilise toute l’attention sur un brusque changement du milieu. La peur prépare à une action salvatrice, la fuite, l'attaque ou l’immobilisation. La colère donne l'énergie requise pour combattre des injustices. La joie fait entreprendre. L’état amoureux incite à s’engager corps et âme avec un partenaire. L'excitation sexuelle conduit à la reproduction et à la perpétuation de l'espèce. La tristesse suscite la compassion et l'aide de l'entourage. L’apathie et la dépression incitent à économiser de l’énergie en attendant des conditions plus favorables. Le dégoût éloigne de stimuli potentiellement dangereux. La culpabilité et la honte inhibent la répétition d'actions réprouvées. A la sortie de la petite enfance, l’être humain acquiert la capacité de prendre distance à l’égard de ses émotions et d’y réagir de différentes façons. Cette capacité peut se développer. On parle alors d’“intelligence émotionnelle” ou de “gestion de soi”. D'un certain point de vue, toute notre existence se passe à rechercher des affects agréables et à éviter des affects désagréables. La dimension affective est un élément fondamental dans le fonctionnement de tous nos comportements. 3. Place des affects dans l’équation comportementale Il faut éviter de substantialiser les affects, de les conceptualiser comme des choses qui mèneraient une vie autonome à l'intérieur de nous. Les affects se développent en fonction de plusieurs variables de l’équation comportementale. a) Les affects dépendent des cognitions (et donc des situations) Cf. les stoïciens : “Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements relatifs aux choses” (Épictète) Cf. le psychologue Albert Ellis, le psychiatre Aaron Beck et les thérapies “cognitives”. b) Les cognitions dépendent des affects La sélection des informations et leur interprétation dépendent de l’état affectif. L’anxieux voit partout des signaux de danger. “La peur a de grands yeux” (proverbe russe). L’homme en colère “absolutise”, “essentialise”. c) Les affects agissent sur l’organisme. Ex : augmentation de la sécrétion d’adrénaline. d) L’état de l’organisme agit sur les affects Importance de l’activation physiologique (arousal en anglais) Ex : Expérience de Schachter et Wheeler (1962) 3 groupes d’étudiants voient un film relativement comique. On injecte un excitant au 1er groupe, un tranquillisant au 2e, un placebo au 3e. Les sujets du 1er groupe rient le plus, ceux du 2e groupe rient le moins. ! L’impact de l’arousal dépend en partie de l’attribution causale du vécu affectif. Cf. la célèbre expérience de Stanley Schachter & Jerome Singer (1962) Cognitive, social and physiological determinants of emotional state. Psychological Review, 69 : 379-99. Dans une situation agréable ou irritante, des sujets, qui ont reçu de l’adrénaline, manifestent des réactions émotionnelles plus intenses que des sujets qui ont reçu du placebo. Toutefois, les sujets “adrénalinisés”, qui savent qu’ils ont reçu une substance stimulante, manifestent des réactions affectives moins intenses que ceux qui, ayant reçu la même quantité d’adrénaline, ne font pas le lien avec l’activation physiologique. Cf. en psychopathologie : la personne qui décode une activation physiologique comme un phénomène inquiétant, alors qu’elle ne court aucun danger physique, risque de développer des troubles anxieux (p. ex. des phobies intéroceptives) et partant d’autres troubles. e) Les affects influencent les actions On peut définir les émotions comme “des formes de préparation à l’action, suscitées par des structures particulières d’appréciation” (Frijda, N., The Emotions, Cambridge U. Press, 1986). f) Les actions influencent les affects William James : « Nous nous sentons tristes parce que nous pleurons, en colère parce que nous frappons, effrayés parce que nous tremblons. » (What is emotion ? Mind, 1884, 9, p.18). 4. Facteurs d’émotions pathologiques - Stimuli pathogènes Conditionnement pavlovien. Ex : phobies, paraphilies « Surstimulation ». Cf. suralimentation, sexualité compulsive - Cognitions inadaptées à la réalité Ex : les interprétations égocentrées du paranoïaque - Perturbations physiologiques Dysfonctionnements cardiaques, respiratoires, hormonaux Hyperactivation du S.N.A. => intensification de réactions émotionnelles Dépression endogène (=> tristesse, anhédonie, désespoir) - « Mésattributions » de sensations corporelles Ex. : effets de l’hyperventilation interprétés comme manifestation d’une maladie corporelle - Addiction au plaisir : toxicomanies, addictions comportementales - « Évitement émotionnel ». Ex. : peur de l’anxiété (anxiety sensitivity) - Inhibition de la tendance à l’action suscitée par l’émotion (en particulier la réaction fight or flight) 5. La principale clé de la modification de comportements … réside dans un changement cognitif substantiel. MAIS, des restructurations cognitives sont souvent sans réel impact lorsque les émotions sont fortes (angoisse, colère, tristesse). Dans ce cas, il faut agir d’abord sur l’activation physiologique. => utilité de la relaxation, des tranquillisants et de la pacification de la respiration. Ensuite, il importe d’examiner quelles actions sont possibles, conformément au principe d’Albert Bandura : “Le changement comportemental est médiatisé par des processus cognitifs, mais ce qui induit et modifie le plus rapidement ces processus cognitifs ce sont des actions menant à l'expérience d'un contrôle effectif” (Self-efficacy : Toward an unifying theory of behavior change. Psychological Review, 1977, 84 : 139). N.B. Dans certains cas, le meilleur “contrôle” consiste à “accueillir” l’émotion sans vouloir la contrôler activement. Cf. Steven Hayes et la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT). Toutefois, il est très discutable de se contenter d’accepter des émotions sans apprendre comment diminuer leur intensité. La relaxation : quelques étapes de l’évolution Le mot relaxation désigne l’état de détente et des procédés qui l’induisent Il est apparu en français au XXe siècle. Il a été emprunté à l’anglais. L’étymologie remonte au latin relaxatio, qui signifie détente, relâche, repos. Depuis l'Antiquité, des religieux, des mystiques et des philosophes ont cherché des méthodes qui favorisent la détente, le bien-être, la concentration, la contemplation, l'oubli de soi, des « expériences de sommet », l'union avec Dieu, l'extase. De là sont nées des techniques qui induisent méthodiquement un état de relaxation. Certaines ont été sécularisées et ont uploads/Philosophie/ van-rillmaer-relaxation-cours-aftcc-2016.pdf
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- Publié le Jul 08, 2021
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