ÈQUE INTERNATIONALE DE CRITIQUE RELIGION ET PHILOSOPHIE "3" ly Mystères d Eleus

ÈQUE INTERNATIONALE DE CRITIQUE RELIGION ET PHILOSOPHIE "3" ly Mystères d Eleusis \r=\ MAURICE BRILLANT LA MAGNIFICENCE EXTERIEURE ET LE PRINCIPE CACHÉ. - LES PETITS MYSTÈRES D'AGRA. LA PARTIE SECRÈTE DES MYSTÈRES LES DIVINITES D'ELEUSIS ET LEUR ORIGINE. - LES PRÊTRES ET PRÊTRESSES D'ELEUSIS. - CONCLUSION APPENDICE 261 4 87 SMC ENAISSANCE DU LIVRE ulevard Saint - M i c he 1 , PARIS ,es Mystères d'Eleusis DU MÊME AUTEUR Les Matins d'argent, poèmes. 191 1. (Épuisé.) Les Secrétaires athéniens, étude d'épigraphie et d'histoire grecques. (Bibl. Ec. des Hautes Études, fasc. 191). 1911. Couronné par l'Académie des inscriptions. — Médaille d'argent de l'Association des Études grecques. Le charme de Florence. 2 e édition. 1912. MAURICE BRILLANT Les Mystères d'Eleusis PARIS LA RENAISSANCE DU LIVRE 78, Boulevard Saint-Michel, 78 Tous droits de traduction, d'adaptation et de reproduction réservés pour tous les pays. Copyright by la Renaissance du Livre içio. A MONSIEUR LE CHANOINE ALEXIS CROSNIER PARFAIT HELLENISTE AVANT-PROPOS Ce petit livre n'a pas la prétention de rien ap- prendre aux habiles. Mais on a pensé que les honnêtes gens et les curieux pourraient prendre quelque plaisir à entendre exposer brièvement les résultats, encore incertains il est vrai et des- tinés sans doute à le rester, auxquels les savants ont été conduits par les travaux nombreux et minutieux consacrés aux mystères d'Eleusis pendant ces dernières années. Au surplus, ces pages sont surtout le développement d'un article publié dans ce dessein par le Correspondant, il y a quelques mois. En dehors de l'intérêt qu'offrent par eux-mêmes ces mystères si célèbres, ils sem- blent avoir été choisis comme un sujet d'expériences « crucial >> par les ethnologues elles nouveaux his- toriens de la religion : le champ de fouilles reli- gieux, à Eleusis, n'est en effet pas moins riche que le champ de fouilles des archéologues ; avec les survivances qu'il manifeste ou laisse devi- 8 LES MYSTÈRES D'ELEUSIS ner d'un -passé fort lointain, avec les vestiges qu'on y peut découvrir de croyances et d'usages tout primitifs et parfois quasi sauvages, vestiges recouverts ensuite par une longue série de << strati- fications » cultuelles ou mythologiques et peu à peu usés ou adoucis par le temps, c'est évidemment un vaste et beau domaine pour les investigations des savants ; on y trouve surtout une belle occasion de mettre à l'épreuve les méthodes nouvelles et d'employer les instruments — faut-il dire de précision?... — qu'on a forgés tout récemment pour ces sortes d'opérations. Peut-être ces notes donneront-elles une idée, — à la vérité trop gros- sière et trop simple, — de la façon dont procèdent aujourd'hui les savants adonnés à cette discipline. Leur méthode, peut-être trop jeune encore, n'est sans doute pas parfaite ; peut-être aussi n'a-t-elle pas toujours l'exactitude absolue qu'on souhaite en des travaux d' érudition, et qu'au surplus il est difficile de lui donner quand on étudie des matières si délicates et si impondérables ; peut- être enfin n'est-elle pas assez purgée d'une philo- sophie contestable et de certains axiomes a priori ; mais elle est extrêmement ingénieuse, extrêmement séduisante, surtout quand on la voit maniée par des esprits subtils et pénétrants, et elle mène sou- LES MYSTÈRES D'ELEUSIS 9 vent à des conclusions riches de substance, qui -prêtent à la réflexion et qu'il importe de connaître, même si on les juge un peu imprudentes ou un peu prématurées. Ainsi je traite, du moins en partie, cette difficile question des mystères éleusiniens comme un exemple illustrant assez bien les théo- ries modernes de l'histoire des religions. Et je voudrais en même temps montrer brièvement comment a pu naître, se développer, dévier quel- quefois, s'enrichir peu à peu et enfin se fixer un culte grec ; je voudrais aussi, à la faveur de ce cas particulier, non pas sans doute entreprendre un examen, mais jeter un regard ou plutôt permettre qu'on jette un regard sur la nature même de la religion grecque. C'est peut-être beaucoup d'am- bition pour ces quelques pages : aussi me borné-je à de rapides indications. Leur peu d'étendue risque de les rendre moins exactes et moins nuan- cées qu'il ne conviendrait ; c'est pourquoi, expo- sant mon dessein fort limité, je demande l'indul- gence des spécialistes et celle du public. Les Mystères d'Eleusis Depuis les temps lointains où la procession mystique parcourait la Voie Sacrée au chant des hymnes et à la lueur des torches, où la foule recueillie des futurs initiés se pressait dans l'enclos sacré, où les portes se fermaient sur les cérémonies des nuits mystérieuses, le prestige d'Eleusis ne s'est jamais tout à fait évanoui. Mais il semble avoir brillé d'un éclat plus vif à partir de la seconde moitié du XVIII e siècle : le renouveau des études antiques, les recherches des archéologues devenues plus nombreuses et plus ardentes, la curiosité tou- jours en éveil des << philosophes >>, — un peu plus tard certaines manies des amateurs de vases peints qui voyaient partout des allusions aux Mystères, des essais de fouilles méthodiques entrepris sur les lieux mêmes et dont l'écho parvenait jusqu'au grand public, les ampli- fications un peu imprudentes de l'éloquence et de la poésie (mais il n'y a sans cela ni élo- 12 LES MYSTERES D ELEUSIS quence, ni poésie), — quelques beaux textes semés au long du xix e siècle, ceux de Chateau- briand par exemple et de Renan, séduisants sinon fort exacts, un enthousiasme croissant et parfois un peu candide pour l'hellénisme, l'énigme elle-même, assez irritante, des rites cachés qui paraissait réserver de si beaux tré- sors à son futur Œdipe, enfin les magnifiques ou profondes conceptions que, pour tromper son ignorance, on attribuait sans apparence de raison au sacerdoce éleusinien, voilà qui explique ce halo de gloire moderne au front de la vieille Déméter et que le simple nom d'Eleusis suffise à éveiller mille idées confuses et resplen- dissantes chez bien d'honnêtes gens qui, depuis le collège, ne se mêlent plus de lire du grec. Aucun helléniste ne se plaindra de cette séduc- tion persistante et d'un attrait qui, du moins, peut conduire à mieux étudier la Grèce antique. Il explique en particulier l'intérêt qu'a récem- ment éveillé, en dehors même du cercle res- treint des érudits, le beau et savant livre de M. Foucart, << spécialiste » des Mystères, auquel nous aurons plus d'une fois à nous référer (i). (i) Les Mystères d'Eleusis, 508 p. in-8, Paris 1914 (A. Picard). L'auteur y reprend, amplifie et met au point ses travaux anté- LES MYSTÈRES D'ELEUSIS 13 Certaines controverses, d'ordre plus particu- lièrement religieux, relatives à l'influence — bien hypothétique... — qu'aurait exercée le culte d'Eleusis sur le christianisme naissant, ont peut-être aussi attiré l'attention du public. Il ne semble donc pas hors de saison de chercher à montrer un peu nettement et avec simplicité — s'il est possible, car nous marchons dans les ténèbres, — ce qui faisait le fond et quelle était la substance de cette fameuse religion. Tout notre effort sera, non point d'essayer une « reconstitution >> pittoresque et un peu vaine, mais plus prosaïquement de briser l'os et de voir quelle moelle s'y peut bien dissimuler. rieurs, notamment deux mémoires bien connus des spécialistes : Recherches sur l'origine et la nature des mystères d'Eleusis (1895) et les Grands Mystères d'Eleusis: personnel, cérémonies (1900) (publiés dans les Mémoires de l'Acad. des inscriptions). CHAPITRE PREMIER LA MAGNIFICENCE EXTÉRIEURE ET LE PRINCIPE CACHÉ La légende et l'art. - L'éclat d'Eleusis. - Ce qui peut se cacher sous de belles apparences. La méthode à suivre pour étudier la religion primitive. — Les hypothèses ethnologiques et la religion agraire originelle. — Les sauvages d'aujourd'hui et les Grecs d'autrefois. - Les Mystères d'Eleusis et les autres Mystères de la Grèce. On connaît la belle légende qu'a orchestrée l'hymne homérique à Déméter. On sait com- mentlafillede la déesse, la jeune Perséphone (i); tandis qu'elle cueillait des fleurs dans la prairie de Nysa, fut enlevée par Hadès, le dieu des enfers ; — on se rappelle la douleur de la mère, si humainement exprimée par le vieux poète (I ) Dans l'hymne, la fille de Déméter est toujours appelée Perséphone (de même dans l'épopée homérique et dans Hésiode); Lnsîe culte, toujours K orè, c'est-à-dire la jeune fille (ainsi dans es inscriptions officielles, comptes et décrets). LES MYSTERES D ELEUSIS 15 d'Ionie, ses courses errantes par le monde, ses malédictions qui rendent toute la terre stérile, l'accueil qu'elle reçoit au pays d'Eleusis et l'hospitalité qu'offre le roi Kéléos à cette pauvre femme inconnue. Enfin, grâce à la puis- sance de Zeus, Perséphone est rendue à sa mère ; mais pendant son séjour dans le monde infernal, elle a commis l'imprudence de manger d'une grenade, et ce charme l'unit à jamais à son ravisseur ; elle devra désormais passer sous terre avec son époux une partie de l'année, loi magique devant laquelle Zeus même est forcé de s'incliner, que Déméter ne songe pas à contester... Cependant les effets de la colère divine ont cessé ; la végétation renaît avec la montée au jour, l'anodos, de uploads/Religion/ les-mysteres-de-eleusis-c1920.pdf

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  • Publié le Aoû 28, 2021
  • Catégorie Religion
  • Langue French
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