La liste des précédents livres de Jacques Attali se trouve ici. Couverture : ©

La liste des précédents livres de Jacques Attali se trouve ici. Couverture : © Atelier Didier Thimonier Illustration : D. R. ISBN : 978-2-213-68767-4 © Librairie Arthème Fayard, 2014 Table des matières Couverture Page de titre Page de Copyright Introduction Première partie - La résignation du monde Chapitre 1 L’irrésistible ascension du Mal Chapitre 2 L’inévitable « somalisation » du monde Chapitre 3 Les « résignés-réclamants » Deuxième partie - La Renaissance est en marche Chapitre 1 Les signaux faibles d’une nouvelle Renaissance Chapitre 2 Ceux qui prennent en main leur vie personnelle Chapitre 3 Les artistes Chapitre 4 Les entrepreneurs privés Chapitre 5 Les entrepreneurs positifs Chapitre 6 Les militants Troisième partie - Les penseurs du « devenir-soi » Chapitre 1 Ce qu’en disent religions et philosophies Chapitre 2 Le « devenir-soi » dans la pensée moderne Quatrième partie - Les cinq étapes du « devenir-soi » L’Événement, la Pause et le Chemin Chapitre 1 Prendre conscience de son aliénation Chapitre 2 Se respecter et se faire respecter Chapitre 3 Ne rien attendre des autres Chapitre 4 Prendre conscience de son unicité Chapitre 5 Se trouver, se choisir Conclusion Devenir soi, ici et maintenant Du même auteur Dans un monde aujourd’hui insupportable et qui, bientôt, le sera bien plus encore pour beaucoup, il n’y a rien à attendre de personne. Il est temps pour chacun de se prendre en main. Ne vous contentez pas de réclamer une allocation ou une protection à l’État, arrachez-vous à la routine, aux habitudes, au destin tout tracé, à une vie choisie par d’autres. Choisissez votre vie ! Où que vous soyez dans le monde, homme ou femme, qui que vous soyez dans la société, agissez comme si vous n’attendiez plus rien des gens de pouvoir ; comme si rien ne vous était impossible. Ne vous résignez pas ! Ne vous bornez pas à dénoncer l’« horreur économique » du monde, ne vous contentez pas de vous indigner : l’une et l’autre attitude ne sont que des formes de lâcheté mondaine. Pour vous débrouiller, pour réussir votre propre vie, ayez confiance en vous. Respectez-vous. Osez penser que tout vous est ouvert. Ayez le courage de vous remettre en question, de bousculer l’ordre établi, d’entreprendre et de considérer votre vie comme la plus belle des aventures. Pour trouver la force de le faire, réfléchissez sur toutes les instances qui conditionnent votre avenir. V ous verrez alors que vous êtes beaucoup plus libre que vous ne le croyez ; que, qui que vous soyez, quel que soit votre âge, quelles que soient vos ressources matérielles, votre sexe, votre origine et votre situation sociales, vous pouvez affronter des difficultés qui vous paraissaient insurmontables, changer radicalement votre destin, celui de ceux qui vous aiment et que vous aimez, et celui des générations à venir, dont dépendent votre bien-être et votre sécurité. Les femmes en sont particulièrement empêchées. Si elles y réussissent, elles bouleverseront le monde. Ce dont je parle ici n’est significativement désigné par aucun mot en français, ni dans aucune autre langue que je connaisse. Il ne s’agit pas de résistance, ni de résilience, ni de libération, ni de désaliénation, ni de pleine conscience. Je proposerai ce mot : le « devenir-soi ». * Le monde est dangereux et le sera de plus en plus : la violence rôde partout, elle se déchaîne en maints endroits au nom des pires intolérances et des idéologies les plus obscures ; des guerres de religion se rallument ; des sécessions se multiplient ; des différences ne se nourrissent plus les unes des autres ; l’environnement se dégrade ; la nourriture est de plus en plus polluée ; l’emploi disparaît ; les classes moyennes se défont ; la croissance ne permet pas de répondre aux besoins d’une population urbaine de plus en plus dense et solitaire ; les inégalités se creusent entre quelques riches et un nombre immense de pauvres. L’un après l’autre, tous les filets de sécurité se déchirent. La croissance n’étant plus au rendez-vous, pour maintenir leur niveau de vie menacé de toutes parts, États, entreprises, particuliers vivent de plus en plus à crédit, aux crochets des générations passées, dont ils pillent l’héritage, et des générations futures, dont ils dégradent le patrimoine. Face à ces périls, la plupart des hommes politiques et des dirigeants d’entreprise, presque tous préoccupés par leur seul présent, se contentent de gérer au mieux le quotidien et de colmater les brèches ; les politiciens ne cherchent qu’à améliorer leur popularité auprès des électeurs par des décisions démagogiques ; les chefs d’entreprise, auprès de leurs actionnaires par la recherche frénétique de profits trimestriels. Tous oublient que les vivants d’aujourd’hui auraient pourtant un intérêt égoïste à penser au long terme, soit parce qu’ils font aussi partie des générations passées (plus d’un tiers de l’humanité actuelle était déjà sur terre il y a cinquante ans), soit parce qu’ils font déjà partie des générations futures (plus des deux tiers de nos contemporains seront encore vivants dans trente ans). En France en particulier, les dirigeants successifs ont laissé le pays s’enfoncer depuis deux décennies dans un lent déclin, un engourdissement qui pourrait devenir mortel. Lassé d’avoir dit, écrit et répété depuis si longtemps qu’il est urgent de réformer la gouvernance du monde, de l’Europe et de mon pays ; lassé d’exposer le détail de toutes les mesures urgentes à prendre pour éviter les catastrophes écologiques, retrouver une croissance durable et juste, fournir à chacun les moyens de vivre pleinement sa liberté sans la refuser aux autres ; lassé d’entendre les hommes et les femmes de pouvoir, de tout parti, de tout pays, dont le mien, me dire en confidence qu’ils partagent avec moi le diagnostic et la prescription, qu’ils savent ce qu’il faudrait faire, mais que ce n’est pas le moment de le mettre en œuvre en raison de la crise, ou de l’absence de crise, ou de leur popularité, ou de leur impopularité ; lassé de les voir se réfugier derrière leur scepticisme, leur cynisme, leur narcissisme, leur autosatisfaction, leur égoïsme, leur avidité, leur pusillanimité, leur orgueil ; enragé de les voir procrastiner en rois fainéants soucieux de leur seul intérêt, je voudrais désormais dire à chacun d’entre vous : n’attendez plus rien de personne, faites un nouveau pari à la Pascal ! Ce grand génie français avait proposé, en son temps, de faire le pari de croire en Dieu indépendamment de toute révélation ; de croire sans preuve ; parce que, expliquait-il, nul n’a rien à y perdre : s’Il n’existe pas, on ne sera pas puni d’y avoir cru ; s’Il existe, on sera peut-être récompensé de l’avoir honoré. Je propose d’agir de même dans le monde d’aujourd’hui : faire le pari de prendre le pouvoir sur sa propre vie, de se trouver, indépendamment de l’hypothétique action des autres. Parce qu’en toute hypothèse on a tout à y gagner. En effet, de deux choses l’une : Soit, comme c’est le plus probable, les puissants, publics et privés, ne seront pas à la hauteur des enjeux ; alors chacun aura agi à temps pour suppléer pour lui-même, au moins, à leur impuissance. Soit, au contraire, les hommes de pouvoir se décideront enfin à affronter les enjeux écologiques, éthiques, politiques, sociaux et économiques du siècle. Là encore, de deux choses l’une : soit ils échoueront, ce qui ramènera au cas précédent ; soit ils réussiront, et nul n’aura rien perdu à s’inscrire au mieux, par son initiative personnelle, dans l’abondance retrouvée. Certes, cette liberté, but ultime, n’est pas et ne sera jamais illimitée : le même Blaise Pascal nous rappelle que notre vie se déroule à l’intérieur d’une prison, déterminée par les conditions de notre naissance et les exigences de notre mort. À nous d’en écarter les murs. C’est encore lui qui compare la liberté de tout homme avec celle du paysan : sa récolte dépend de son travail autant que de la pluie et de la fertilité de son champ, qui lui échappent. Faire un tel pari ne va pas de soi : bien des gens se résignent à n’être, toute leur vie, que ce que les autres ont décidé qu’ils seront ; ils mènent l’existence que les autres, ou les hasards, ont tracée pour eux là où ils sont nés. Par peur. Par paresse. Par passivité. Ils survivent au mieux, trouvant parfois de minces bonheurs dans les anecdotes de leurs destins. D’autres croient y échapper en s’indignant ; ils critiquent, manifestent, protestent. Jamais ils ne transforment leur indignation en actes. Ni pour réussir leur propre vie, ni pour améliorer celles d’autres. Où qu’ils soient, ils ne font que se donner bonne conscience et s’inventer d’honorables sujets de conversation. D’autres, enfin, refusent le destin que la société, la religion, la famille, la classe sociale, la nation où ils sont nés, leurs moyens matériels, leur sexe, leur patrimoine génétique prétendent choisir pour eux ; ils s’arrachent aux déterminismes de toute nature ; ils se choisissent à leur gré, sans obéir à leurs aînés, des études, un métier, un physique, uploads/s3/jacques-attali-devenir-soi-ebook-gratuit.pdf

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