tyoce, sùacô-Je? AIGU FRANCIS FERRIER SUN PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE QUE

tyoce, sùacô-Je? AIGU FRANCIS FERRIER SUN PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE QUE SAIS-JE? Saint Augustin FRANCIS FERRIER Dooteur en Sciences des Religions Docteur ès Lettres DU MÊME AUTEUR Clefs pour la théologie, Seghers-Lafont (épuisé). Divers articles du Dictionnaire des philosophes, puf, 1984. isbn 2 13 042472 4 Dépôt légal — lre édition : 1989, mai © Presses Universitaires de Franoe, 1989 108, boulevard Saint-Germain, 75006 Paris AVANT-PROPOS Entre les ouvrages savants, d’une grande densité, et la vulgarisation, déjà bien servie, nous avons pris une voie intermédiaire : ne rien laisser dans l’ombre de ce qui pourrait intéresser un « honnête homme » peu familier avec saint Augustin. De grands noms, et nous citerons ici Henri-Irénée Marrou, se sont efforcés de mettre à la portée du grand public la vie et l’œuvre de l’évêque d’Hippone. D’autres, en un style plus ou moins romancé, ont visé un plus vaste public et, malheureusement par cela même, ont défiguré leur héros. Partant de ses écrits et des luttes doctrinales qu’il a soutenues, nous avons visé un public exigeant, confrontant les travaux passés à la recherche présente. Il sera ainsi possible, du moins nous l’espérons, de donner à l’homme contemporain, universitaire ou non, les moyens de pénétrer et, à tout le moins de connaître, une pensée qui a animé et fécondé vingt siècles d’histoire chrétienne et n’a pas fini de marquer les siècles à venir. L’idée d’un travail plus approfondi nous est venu à la suite des articles publiés dans le Dictionnaire des philosophes sur ce sujet. Mais il faut avec honnêteté le reconnaître, on ne peut écrire sur saint Augustin sans recourir sans cesse aux études des devanciers : Courcelle, Marrou sont, dans ce domaine, de grands noms. On ne peut non plus ne pas y joindre le Pr André Mendouze dont la thèse monumentale, Saint Augustin. L’aven- 3 ture de la raison et de la grâce, publiée en 1968, est un instrument de travail incomparable. La Vie de saint Augustin de Peter Brown, alors professeur à Oxford (trad. Jeanne Marrou), Paris, 1967, nous a été un fil directeur pour la chronologie et en même temps, si nous discutons quelques conclusions, une mine de références par son érudition textuelle tout à fait remarquable. Les volumes de la Bibliothèque Augustinienne (ba), texte et traductions, notes et introductions, dues aux meilleurs spécialistes de la question, offrent un matériau de premier choix ; malheureusement, l’inachèvement — et il faut crain¬ dre qu’il ne soit durable — de ce travail capital en fait sentir cruellement l’absence pour une saisie complète de la pensée et de la théologie augustiniennes. Enfin, nous ne saurions omettre les trois volumes des Actes du Congrès Augustinien de 1954 (XVe Cen¬ tenaire de la naissance de saint Augustin) qui a ap¬ porté une contribution internationale de grande valeur aux études augustiniennes. Outre une bibliographie essentielle, en fin d’ou¬ vrage, nous renvoyons, à la place où elles ont été utilisées dans le texte, les références aux travaux qui nous ont le plus apporté : le P. Solignac pour les Confessions et pour la question pélagienne, le P. Congar pour la théologie du Donatisme. Cependant, chaque fois que ce fût nécessaire, se¬ lon les indications reçues ou ce que nous imposait notre propre recherche, nous avons eu recours au texte même de saint Augustin dans l’édition du CSEL1 quand ce fut possible et qui ne recouvre pas toute l’œuvre augustinienne, et à défaut dans l’édition latine des Mauristes, meilleure parfois que celle de Migne. Nous voudrions enfin exprimer notre très cordiale reconnaissance au P. Solignac qui a suivi notre 1. Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum de Vienne. 4 travail et nous a efficacement conseillé, ainsi qu’au Centre des Fontaines qui nous a accueilli. Et aussi au P. Folliet des Etudes Augustiniennes qui a aima¬ blement encouragé notre projet. . Qu’ils reçoivent l’un et l’autre notre meilleur merci !... «r 5 PREMIÈRE PARTIE SAINT AUGUSTIN : SA VIE ET SES COMBATS Une œuvre considérable. — Dans Hippone (auj. Annaba) YHippo Regius des Romains, à l’ouest de Carthage, au bord de la Méditerranée Numide, un homme prestigieux se meurt, en cette fin d’août 428. L’évêque de cette ville, Aurelius Augustinus, rend doucement son âme à Dieu. Près de lui, dont la re¬ nommée est immense dans le monde latin, de toute l’Afrique, envahie par les Vandales, les fidèles catho¬ liques, dépouillés et poursuivis par les hordes bar¬ bares, sont accourus. L’évêque mourant assiste à la ruine d’un monde qu’il a contribué à maintenir de sa parole et de sa plume, un monde romain christia¬ nisé par ses efforts incessants depuis bientôt quarante années. Les Barbares vont tout balayer en peu de mois. Reste cependant, survivant au désastre, un monument qui n’est pas de pierre mais de pensée, sur les rayons d’une bibliothèque miraculeusement sauvée. Les mois qui précédèrent sa mort, dans le répit que lui laisse la dictée d’une réponse à son dernier adversaire pélagien, Julien d’Eclane, Augus¬ tin a relu et revu tous les ouvrages composés au cours de sa vie. Les Retractationes, dont la traduction exacte est les Révisions sont un jugement et en même temps 7 un complément de son œuvre. Il s’en explique : il veut « se juger lui-même, devant le seul Juge dont il désire éviter le jugement à la suite de ses fautes » (Prol. 2). Jeune, il accueillait les louanges ; devenu vieux et plus expérimenté, il a appris ses limites. D’où son désir de compléter son œuvre, partout où cela lui paraît possible1. Ainsi, Augustin meurt le 28 août 430. Son disciple Possidius, évêque de Calama, reste encore un an dans les ruines d’Hippone. Il établit alors un Indi- culus des œuvres d’Augustin qui nous est parvenu. Curieusement, nous possédons aujourd’hui des œuvres que le disciple mentionnait absentes et d’autres, no¬ tées dans VIndiculus, ne sont point parvenues jusqu’à nous. Les ouvrages que Possidius notait « absents » avaient déjà atteint l’Europe du vivant d’Augustin, car on était venu les copier, avec son accord dans sa bibliothèque. Il en allait ainsi dans l’Antiquité où la copie des œuvres était la seule façon d’éditer. Aussi VIndiculus ne contient pas l’énumération des 93 ou¬ vrages, répartis en 233 « livres » recensés par Au¬ gustin2. Cette dispersion de l’œuvre dans le monde chrétien occidental explique l’influence considérable d’Augustin dans la seconde Antiquité chrétienne, dans tout le haut Moyen Age et au-delà. Les plus grands noms de la Renaissance, Erasme entre autres, s’emploieront à l’éditêr dès l’essor de l’imprimerie. Ainsi la vie et la pensée d’Augustin, dans ses hési¬ tations comme dans ses certitudes, sont-ils parvenus 1. Une énumération exhaustive dressée chronologiquement des Ecrits d’Augustin se trouve dans le Dictionnaire de théologie catholique, t. II, col. 2311 à 2314. Les tableaux dressés par P. Brown, La Vie de saint Augustin, mettant en parallèle, année par année, événements généraux, vie d’Augustin et ses œuvres sont précieux, cf. p. 12, 84, 216, 336 et 450. 2. G. Bardy, Introduction aux Révisions, ba, t. 12, p. 21-22... « Parfois plusieurs ouvrages étaient copiés à la suite, dans un même Codex ou un même volumen. Le nombre des codices n’est pas nécessairement égal à celui des libri, sauf pour les ouvrages considérables où il y a autant de codices que de libri » (ibid., 37, n. 3). Il ne s’agit pas ici d’évaluation quantitative mais de situer les éléments de l’œuvre. 8 jusqu’à nous et il n’est peut-être personne de l’Anti¬ quité chrétienne qui nous soit mieux connu. Les œuvres d’Augustin ont fourni à l’Eglise « ce dont elle avait besoin pour les siècles à venir, créant une oasis de certitude dans un monde troublé »... lui donnant selon le mot de Possidius, « une progression régulière vers la norme de l’orthodoxie ». L’homme qui meurt ainsi à soixante-seize ans, dans un détachement paisible et serein, tout occupé de Dieu malgré ce qui l’environne a, depuis sa conver¬ sion et son baptême en 387, consacré toute sa vie aux activités de l’esprit sous l’emprise de la grâce. Il avait alors trente-trois ans. Il s’écoulera par la suite environ quarante-trois ans d’une lutte incessante pour la défense de la vérité chrétienne, en contro¬ verses et en enseignement. Mais, au début d’une telle vie, les jeux n’étaient pas faits et la réussite spirituelle que nous admirons sur la fin est le résultat, avec l’aide de la grâce, d’une conquête permanente sur lui-même et sur son milieu. I. — Jeunesse et formation Aurelius Augustinus naît à Thagaste en 354 (auj. Souk-Ahras) sur les Hauts Plateaux, non loin de la frontière tunisienne, à environ trois cents kilo¬ mètres de la mer. Thagaste est un gros bourg rural où l’on cultive les oliviers. Augustin ne manquera pas d’huile pour sa lampe. Thagaste, romanisé de¬ puis trois siècles, est un municipe où le père d’Augustin détient des fonctions ; sa mère, Monique, porte un nom à consonnance punique ; elle ne connaît pour¬ tant que le latin qui sera vraiment la langue mater¬ nelle d’Augustin. Monique est fervente catholique ; elle transmettra à son uploads/Litterature/ saint-augustin-f-ferrier.pdf

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